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La Ministre de l’ Environnement et de la Lutte contre la Désertification devant le Parlement pour des questions relatives aux feux de brousse

Niamey, 27 Novembre (ANP) - La Ministre de l’Environnement et de la Lutte contre la Désertification Mme Garama Saratou Rabiou Inoussa a été interpellée, ce samedi 27 Novembre 2021, devant le Parlement au cour d’une séance-plénière pour des questions relatives aux feux de brousse au Niger.

Les préoccupations des députés ayant entrainé l’interpellation de la Ministre sont, entre autre, la situation générale des incendies causés par des feux de brousses, les causes, les stratégies pour lutter contre, leurs impactes sur l’environnement et aussi de savoir si les allocations budgétaires et les appuis des partenaires financiers sont suffisants pour sécuriser les espaces pastoraux.

En répondant aux questions des députés, la Ministre de l’Environnement et de la Lutte contre la Désertification Mme Garama Saratou Rabiou Inoussa a rappelé qu’au Niger, chaque année, à l’approche de l’harmattan marqué par le début de froid et des vents forts et très souvent en faveur d’un tapis herbacé assez développé, on assiste à une recrudescence des feux de brousse qui détruisent malheureusement, sur leur passage, plusieurs dizaines de milliers d’hectares de forêts, de pâturages, sans compter les dégâts sur les établissements humains et parfois hélas des pertes en vies humaines, a-t-elle déplorée.

Ces feux constituent un véritable fléau, notamment en zone pastorale et dans les aires protégées et leurs causes sont rarement naturelles. Dans la plupart des cas, a-t-elle informé, les origines sont d’ordre anthropique (brulis, chasse, cigarette, cuisson), c’est-à-dire provoqué par l’homme de façon volontaire ou non.

S’agissant de la situation générale des feux de brousse sur l’ensemble du territoire national, les statistiques à date, pour l’année en cours, font ressortir 178 cas qui ont consumé une superficie globale provisoire de 491360,79 ha, a déclaré Mme Garama Saratou.

Par région, Agadez a enregistré 19 cas, avec 7310,03 ha brulés ; Diffa 16 cas avec 5164,84 ha brulés ; Dosso 8 cas avec 734 ha ; Tillabéry 12 cas avec 3154 ha ; Maradi 20 cas avec 27167, 27 ha ; Zinder 9 cas avec 112901,85 ha et Tahoua 79 cas avec 452919 ha consumés, a détaillé la Ministre de l’Environnement.

Concernant les causes, elles sont généralement d’origine humaine. A titre illustratif, sur l’ensemble des cas enregistrés en 2021, 48,31% sont dûs aux feux de cuisine non ou mal éteints, 15,3% aux mégots de cigarettes, 5,1 % aux feux de récolte du miel et les activités liées à la chasse, à peu près 1% par des voleurs de petits bétails pour faire perdre leurs traces, 1% suite à l’usage des feux pour la protection contre les animaux sauvages et plus de 28% des causes non déterminées, a expliqué la Ministre Saratou.

Mme Garama a indiqué que les conséquences de ces feux de brousses sont d’ordre écologique que socio-économique, à savoir une perte énorme de la biomasse, et du coup, une insécurité alimentaire pour le cheptel ; perte de la diversité biologique ; des pertes en vies humaines et destruction des habitations et autres infrastructures socio-économiques et un déplacement involontaire des éleveurs, a-t-elle souligné.

Parlant de la stratégie nationale pour lutter contre les feux de brousse, sur instruction du Président de la République Bazoum Mohamed, des actions adéquates ont été déployées sur le terrain, a indiqué la Ministre en charge de l'Environnement.

Il s’est surtout agi de procéder au lancement officiel de la campagne nationale de lutte contre les feux de brousse à Agadez et de tenir plusieurs réunions de concertation et de mobilisation des parties prenantes en vue du financement des activités de lutte, a-t-elle précisé.

Mme Garama Saratou a ajouté que cette stratégie comprend trois paquets d’activités à savoir : la lutte préventive (information, sensibilisation, réalisation des bandes pare-feu) ; la lutte active (formation des brigades communautaires de lutte contre les feux de brousse, extinction des feux déclarés) et une communication soutenue autour de la question à travers les médiats et radios communautaires, a-t-elle fait savoir.

Concernant les allocations budgétaires, la Ministre a rappelé que depuis le lancement de la campagne d’ouverture des bandes pare-feu, cent soixante-neuf (169) millions de francs CFA ont été transférés sur le terrain à travers des autorisations de dépenses au profit des différentes régions pour réaliser les bandes pare-feu.

A ce montant, il faut ajouter un budget disponible au niveau de la cellule crise alimentaire de plus de six cent (600) millions F CFA destiné à la lutte contre le feu de brousse, a-t-elle poursuivi.

En plus des montants ci-dessus, plusieurs autres partenaires (PAM, le projet PRAPS, la GIZ, le projet pôles Ruraux de l’AFD) soutiennent présentement les investissements en matière d’ouverture des bandes pare-feu. Mais au regard de l’immensité des besoins, force est de reconnaitre que les efforts restent insuffisants, a affirmé la Ministre Saratou.

En prenant la parole pour apprécier les réponses de la Ministre, le député auteur de l’interpellation l'a félicitée et lui a suggéré de travail en synergie d'action avec les Ministres en charge de l’Elevage et de l’Agriculture, car le feu de brousse est un fléau qui impacte sur la vie des animaux et sur les agriculteurs, a-t-il soutenu.

ISA/KPM/ANP-Novembre 2021