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Région d’Agadez : Les terres salées d’In’Gall accueillent l’édition 2021 de la fête annuelle  des éleveurs nomades du Niger dénommée ‘’cure salée’’

Niamey, 16 sept (ANP)-In’Gall qui accueille la cure salée ou fête annuelle des éleveurs nomades du Niger, la 56ème édition cette année, sous le parrainage du Président Bazoum Mohamed, est une ville dont l’histoire, si riche, est intimement liée à celle d’Agadez.

  Autrefois, la cure salée était pour les nomades,  l’occasion de préparer les transactions  avec la Taghlam (caravane de sel), mais surtout  de s’entretenir et de traiter avec d’autres caravaniers  venus d’horizons nord africains. Des siècles durant le rassemblement des éleveurs  avait servi de cadre non seulement  de retrouvailles et d’échanges, mais surtout de règlement des conflits.

La cure salée  avait deux dimension essentielles : le déplacement des troupeaux vers le nord appelé transhumance, et la dimension politique qui donnait à l’époque l’occasion d’une grande rencontre  dite ‘’Amanen’’ où les nomades réunis autour du sultan réglaient les conflits qui existaient entre  les différentes confédérations touaregs qui renouvelaient leur allégeance à l’autorité du Sultan.

Cette dimension de la fête a été depuis la nuit des temps la plus importante car elle permettait de régler les problèmes essentiels des populations nomades. L’administration coloniale  trouva une occasion rare pour rencontrer les chefs de tribus. Elle imprima à la rencontre une autre dimension cette fois-ci politique et  l’administration nigérienne,  à travers la création d’un ministère chargé des affaires sahariennes et nomades confié à un touareg, M. Mouddour Zakara prit le relais.

Après le renversement du régime de Diori Hamani, la junte militaire arrivée au pouvoir  s’est aussi servi de la cure salée à des fins politiques.

La petite palmeraie  de In’ Gall, lieu de rassemblement annuel de la Cure Salée ou Tinekert est située à 160 km au sud-ouest d’Agadez. À mi-chemin entre Agadez et Tahoua, elle  se trouve dans la dépression périphérique  de la falaise de Tiguidit.

Dans cette zone le  temps a fait son œuvre et sous des climats  pluvieux, des alluvions se sont déposés aujourd'hui pour devenir des argiles colorées qui font la beauté des plaines  aux horizons infinis sur lesquels se détachent des buttes de grès, sentinelles avancées de la falaise de Tiguidit , des lits de kori et des bancs de sables merveilleux, secrets, insolites , lieux enchanteurs ou féeriques  qui  se sont révélés  en de fabuleux trésors touristiques.

In ‘Gall est une terre  de contrastes entre les koris, les lits de sable et  les plaines  où le vent arrache une fine poussière qui souvent  tourbillonne en se déplaçant rapidement à la verticale  vers  le ciel jusqu’à 150 mètres de hauteur.

La ville des Ighallawas, blottie entre une palmeraie et une ceinture verte, se laisse découvrir dans toute sa splendeur et ses mystères. Le brassage des populations du sud et du nord donne davantage à la localité son cliché passé et présent.

Elle est animée  et ses ruelles invitent les visiteurs à la découverte. Comme si le village s'est organisé dans une unité solidaire pour se protéger des razzias d’une époque révolue, le vieux noyau urbain  conserve ses concessions  étroitement serrées, ses ruelles étroites qui forment un véritable labyrinthe  difficilement accessibles aux visiteurs dans les anciens quartiers de Agafaye, Akoubla, Agazirbéré, Tazaikoyo, Iguiwantalak, Bourgou, Langoussoun Bené, Ataram, et Téguef Koyo..

 À la croisée des grandes routes caravanières, In’ Gall, tel un mirage surgi  des grands espaces désertiques, a été  bâtie en contrebas de la colline Awalawal. Aujourd’hui la perle de l’Irhazer wan-n- Agadez  tente de donner un sens à son destin.

Grâce au florissant commerce caravanier, In’Gall fut une plaque tournante des activités socio-économiques de Tahoua, Agadez  d’une part, et Assamaka, Tamanrasset et Arlit d’autre part. Le commerce des dattes, de sel et des produits pastoraux  a été florissant à un moment donné de l’histoire.

Les populations locales parlent le Tasawaq, très spécifique à base de Songhay, Arabe et Tamasheq.

Selon  Pr A. Aboubacar, in ‘’Agadez et sa région ‘’, c’est sous le règne d’Askia Mohamed que s’installèrent,  dans le sud-ouest de l’Aïr, notamment à In’ Gall et à Agadez, des colonies  songhay pour consolider la conquête, mais surtout pour renforcer la route caravanière Gao-Egypte. 

AH/AS/ANP 0114 septembre 2021