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Vaccination Covid-19 :  la responsable de l’OMS au Niger apprécie la démarche du pays

Niamey,28 Avril (ANP) - La Représentant l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) AU Niger , Mme Blanche Anya a jugé ‘’positive’’ la campagne de vaccination contre le Covid-19 par les autorités sanitaires du Niger.

Dans une interview accordée mardi à l’ANP , la responsable onusienne a apprécié la gestion par les  autorités nigériennes de la pandémie de Covid-19, notamment sa politique de vaccination lancée le 29 mars dernier.

« Ce qui est bien, c'est que les autorités nigériennes sont à l’écoute de l’OMS. Ce que nous les conseillons de faire, elles le font. C’est un point positif », a commenté Mme Blanche Anya.

La responsable  de l’organisation sanitaire a salué la ‘’promptitude’’   avec laquelle les autorités nigériennes de l’époque se sont lancées dans la quête des vaccins.

« Le Président de l’époque Son Excellence Issoufou Mahamadou voulait rapidement offrir aux nigériens ce précieux sésame. Comme vous pouvez le constater, beaucoup de pays cherchaient à  avoir ce vaccin, lui aussi il n’a pas voulu attendre, il a voulu que ça se passe très rapidement. Et cela constitue une stratégie de la lutte contre la covid-19 », a-t-elle déclaré.

Le pays a bénéficié d’un lot de 400.000 doses de la Chine, 10.000 autres de l’Inde et 350.000 dans le cadre de l’initiative COVAX.

A l’échelle nationale, la cible estimée est de 11.063.018 personnes représentant 47,7% de la population générale de 2021. Le coût global du budget estimé est plus de 124 Milliards de francs FCFA.

Faisant le point à mi-parcours de la campagne de vaccination, la responsable de l’institution onusienne a indiqué  qu’ «en ce jour, nous avons vacciné à peu près 10.000 personnes à la première dose Sinopharm. Mais ça, c'est seulement dans la ville de Niamey . Depuis le 29 mars évidemment ces personnes ont déjà commencé à recevoir leur 2ème dose. Donc, on est à un peu de 2000 personnes qui ont pris leur 2ème dose de ce vaccin. Et entre temps, nous avons reçu le vaccin AstraZeneca qui est en train d’être déployé dans les autres Régions. Les deux vaccins vont être utilisés, comme cela se fait dans d’autres pays ».

 

Selon Blanche Anya, l’acquisition des vaccins, surtout pour les pays les moins développés, reste un parcours de combattant, c’est pourquoi, a-t-elle expliqué, l’OMS a célébré la semaine dernière la journée mondiale de la santé sur le thème des inégalités.

« C’est justement pour éviter ces inégalités que la facilité COVAX a été mise en place pour permettre aux pays pauvres de ne pas être marginalisés  face à cette vaccination », a-t-elle souligné, ajoutant que «  la facilité COVAX offre les 20% des besoins en vaccins et les pays doivent compléter ».

En effet, précise-t-on,  la facilité Covax est une collaboration mondiale innovante visant à accélérer le développement, la production et l'accès équitable aux tests, traitements et vaccins COVID-19. Cette alliance mondiale est codirigée par Gavi, la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) et l'OMS. Son objectif est d'accélérer le développement et la fabrication des vaccins COVID-19, et de garantir un accès juste et équitable pour tous les pays du monde.

Pour le cas du Niger, explique Mme Blanche Anya , Covax « a prévu une quantité de vaccins pour le pays. Mais ce sont des quantités qui vont venir progressivement. Pour l’année 2021, ils ont annoncé 1.700.000 doses, parmi lesquelles nous avons réceptionné 355.000 doses comme premier envoi. Les autres vont venir en fonction de la disponibilité et du taux d’absorption ».

« Nous n’avons pas commencé à vacciner dans les Régions, donc on ne peut tout prendre car le problème de conservation s’impose. Par exemple, nous avons reçu 400.000 doses de Sinopharm en masse, on n’est qu’en 12.000 doses administrées (10.000 injectées en premières doses et les 2000 autres injectées en doses secondes parmi les 10.000 personnes bénéficiaires, ndlr). Voyez-vous ? Il faut d’abord utiliser ce que l’on a avant de prendre d’autres », a-t-elle ajouté.

Officiellement, note-t-on, le Niger utilise deux types de vaccins, à savoir le Sinophar (don de la Chine) et AstraZeneca.

« Il faut souligner que pour AstraZeneca, il y a deux fabricants. Il y a le fabricant britannique et le fabricant indien (serum institut of india). Les doses reçues par le Niger proviennent du fabricant indien, explique la représentante au Niger de l’OMS.

Mais le vaccin indo-britannique est critiqué à travers le monde pour certains de ses effets. Certains pays comme le Danemark l’ont carrément abandonné en raison d’inquiétudes liées à de rares cas de caillots sanguins constatés chez certaines personnes vaccinées.

Face à cette inquiétude, la responsable du bureau de l’OMS au Niger se montre rassurante.

« Chez nous à l’Organisation  Mondiale de la Santé (OMS), nous disons que ‘’les bénéfices de ce vaccin sont supérieurs à ses effets secondaires’’. L’OMS recommande  aux pays de continuer à utiliser ce vaccin. Il importe de rappeler que chaque pays est souverain, il peut décider de ce qui lui convient. Mais retenez que chaque vaccin a ses effets secondaires, même ceux que nous avons l’habitude d’utiliser contre la polio, la rougeole… », a-t-elle soutenu.

 A l’échelle mondiale, plusieurs vaccins sont utilisés par les pays. Mais seuls quatre (4) d’entre eux sont cautionnés par l’OMS, a fait savoir Mme Naya. Il s’agit, en effet selon elle, du vaccin Pfizer ; les deux branches d’AstraZeneca (le fabricant britannique et le fabricant indien. C’est ce dernier qui a fourni les vaccins au Niger) et récemment Jonhson & Jonhson.

 «L’OMS  a une procédure qui permet d’homologuer les vaccins d’urgence  dans des situations d’urgence comme la pandémie de covid.  Conformément à cette  procédure accélérée que nous appelons en anglais ‘’Emergency Use Lience (EUL- autorisation d’utilisation d’urgence en français),  l’OMS donne des autorisations  d’urgence  à des fabricants pour produire  des vaccins  qui sont développés pendant ces situations et qui peuvent aider à gérer la situation. Et pour le moment, l’Organisation Mondiale de la Santé a donné cette autorisation d’urgence aux quatre vaccins, qui sont : le Pfizer ; les deux branches d’AstraZeneca et récemment Jonhson & Jonhson. A part ces quatre vaccins, tous les autres sont en étude », a détaillé la responsable onusienne.

« L’acquisition de cette autorisation d’urgence de l’OMS est une procédure volontaire. C’est le fabricant qui soumet sa requête de ladite autorisation à l’OMS », ajoute-t-elle.

Pour le cas du vaccin chinois Sinophar, actuellement administré au Niger, Mme Anya indique que la procédure de sa reconnaissance par l’agence sanitaire onusienne est en cours.

« Les chinois ont certes soumis leur demande auprès de l’OMS sur la base des documents qu’ils soumettent. Mais malheureusement chaque fois le comité se réunit pour étudier leur dossier, il se rend compte qu’il y a des informations manquantes. En ce moment, les informations qui manquent sont les ‘’preclinical datas’’ ou les informations sur les essais cliniques en français. L’OMS a besoin de ça pour savoir ce que les essais ont donné comme résultats. Et tant que l’OMS n’a pas accès à ces résultats, elle ne peut pas statuer. Au cours de cette semaine, les experts sont en train de statuer. S’ils ont toutes ces données, ça peut passer. Retenez que l’OMS ne bloque rien, elle exige tout simplement les données », a laissé entendre la source de l’ANP.

Le bureau de l’OMS au Niger, indique-t-on, fait partie du dispositif de gestion de la pandémie au Niger, difficile de ce point de vue pour Mme Blanche de donner ses appréciations sur la gestion au niveau national de la maladie.

« Nous ne pouvons pas,  étant aussi acteurs de cette politique, nous mettre à l’écart pour l’apprécier. Nous sommes là pour accompagner le Gouvernement nigérien et  nous sommes dans toutes les huit (8) commissions mises en place par les autorités, dont le comité interministériel de lutte contre la pandémie », a-t-elle déclaré.

Tout de même, elle soutient que « Ce qui est bien, ce que les autorités nigériennes sont à l’écoute de l’OMS, ce que nous les conseillons de faire, elles le font. C’est un point positif ».

«Le Gouvernement est libre de prendre ses décisions, mais je peux vous rassurer, il nous a toujours écoutés et nous évoluons ensemble », a-t-elle conclu.

MSB/ANP/Avril 2021.