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Passage du Niger au 3ème Cycle de l’Examen Périodique Universel : Les avancées enregistrées et les défis à relever

NIAMEY, 12 Octobre (ANP) - Le Niger a réussi son passage au 3ème Cycle de l’Examen Périodique Universel (EPU) devant le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU le 30 septembre dernier. Ce succès est le fait d’importantes avancées enregistrées par le pays dans divers domaines des Droits Humains, même si quelques défis restent encore à relever.

L’examen des documents finaux de la revue du Niger, note-t-on, fait suite à la 38ème session du Groupe de Travail tenue les 3 et 7 mai 2021.

Parmi les grandes avancées enregistrées par le Niger dans l’amélioration de la situation des droits de l’homme et dans le domaine de la bonne gouvernance, les documents finaux font état de l’organisation réussie des élections présidentielles, législatives et locales en 2020-2021, ayant consacré, pour la première fois dans l’histoire du pays, une alternance politique entre un Président de la République démocratiquement élu et un autre Président de la République démocratiquement élu.

Bien plus, depuis 2016, le Niger a ratifié plus d’une vingtaine d’instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l’homme et au bien-être général des populations, parmi lesquels les amendements au statut de Rome sur le crime d’agression, la Convention de La Haye relative à la protection des enfants et à la coopération en matière d’adoption internationale, la Convention sur l’imprescriptibilité des crimes de guerre, les conventions 122, 144, 183 de l’OIT.

Au plan interne, ce sont plus de 80 textes législatifs et règlementaires qui ont été adoptés dans divers domaines pour, soit intégrer les dispositions des instruments juridiques internationaux dans l’ordre juridique interne, soit adapter les textes existants aux circonstances et autres évolutions nouvelles, en vue d’assurer le bien-être, la quiétude et la sécurité des populations.

Il faut également noter que de nouvelles structures en charge de la protection des droits de l’homme ont été créées et d’autres déjà existantes ont été renforcées.

Le Niger a, en outre, adopté plusieurs politiques, programmes et stratégies assortis de plan d’actions, afin d’améliorer les conditions de vie de ses populations. La mise en œuvre de ces Politiques, programmes et Stratégies a fait gagner au pays plus de 10 points en matière de développement et a contribué à réduire le taux de pauvreté de 48% en 2014 à 40,2% en 2019.

Le secteur judiciaire a fait l’objet des grandes réformes qui ont permis d’augmenter significativement le taux de couverture juridictionnelle qui passe de 59,70% en 2018 à 64 ,18% en 2019, soit une progression de 4,48%.

Les documents révèlent aussi d’autres succès enregistrés dans les secteurs de la coopération avec les mécanismes spéciaux, la lutte contre l’impunité, le taux brut de scolarisation, le droit à la santé, etc.

Toutefois, en dépit de toutes ces avancées, bien de défis entravent le chemin vers la réalisation effective des droits de l’homme au Niger. Il s’agit notamment du terrorisme, de la criminalité organisée, les défis liés aux questions environnementales, à la forte démographie, à la condition de la femme, aux pesanteurs socio-culturelles, à l’afflux massif des réfugiés et autres migrants, etc.

Dans sa note de présentation de ces documents, le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Dr Boubacar Hassan, a d’abord voulu rappeler que depuis 2006 qu’est institué ce processus d’EPU, le Niger n’a jamais fait exception en s’y soumettant pour la 3ème fois.

Le Ministre de la Justice du Niger a ensuite fait observer que la promotion et la protection des droits de l’Homme constituent une priorité pour son pays, qui ne ménage aucun effort pour en améliorer la situation sur le terrain. C’est dans ce sens, a-t-il dit, que le Niger a accueilli avec un vif intérêt les observations formulées par les autres pays lors de la session de mai 2021.

Sur l’ensemble des 254 recommandations formulées, le Niger en a accepté 248, en ce qu’elles favorisent le renforcement du cadre normatif et institutionnel des droits humains ; la coopération avec les mécanismes des droits de l’Homme ; la promotion des droits civils et politiques ; la lutte contre la torture, la traite des personnes et  la discrimination ; la protection des droits des groupes spéciaux ; la réalisation des droits économiques sociaux et culturels.

Les 6 qui ont été rejetées par le Niger "se heurtent aux valeurs culturelles et pratiques fondamentales actuellement en vigueur dans notre société", a expliqué le Ministre Boubacar Hassan, précisant que "toute réforme sociale réussie est celle qui recueille l’assentiment général et l’adhésion d’un grand nombre, et qui assoit l’harmonie entre les populations tout en réduisant les risques élevés de relations conflictuelles avec les gouvernants, toute chose gage d’une paix durable dans le pays".

A la fin du passage, le Ministre de la Justice a réaffirmé l’engagement du Niger à promouvoir et à protéger les droits de l’homme dans leur ensemble, appelant toutes les parties prenantes (Gouvernement, Parlement, Commission Nationale des Droits Humains, Organisations de la Société Civile et Partenaires techniques et financiers) à conjuguer les efforts et à entretenir un dialogue permanent pour la mise en œuvre des recommandations acceptées.

"Le Niger est disposé également à coopérer pleinement avec l’ensemble des organes de la Charte, notamment les procédures spéciales du Conseil des droits de l’Homme et avec les organes des traités", a enfin rassuré le Garde des Sceaux du Niger.

KPM/ANP- Octobre 2021