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Mariage précoce : Une enquête faite en 2012 fait du Niger le premier pays en Afrique en termes de mariages des enfants

Niamey, 7 sept(ANP)-Dans le cadre de la lutte contre le mariage précoce et la délinquance des jeunes filles déscolarisées, une enquête faite en 2012 fait du Niger ‘’le premier pays en Afrique en termes de mariages des enfants’’, selon le Directeur de la communication et du plaidoyer sur les droits des enfants du ministère de la promotion de la femme et de la protection de l’enfant, M. Moussa Adamou au cours d’une interview accordée à une équipe de l’Agence Nigérienne de Presse.

Selon Moussa Adamou, le phénomène de mariage des enfants date de longtemps dans le pays, mais ce n’était qu’en 2012 que le Niger avait réalisé une enquête démographique et de santé qui a révélé  que 76,3% des femmes de 20 à 24 ans ou à 40 ans interrogées ont été mariées avant 18 ans’’.

‘’C’est la moyenne nationale en 2012, et c’est une moyenne très élevée, ce qui fait du Niger en 2012 le premier pays en termes de mariage des enfants’’ a indiqué Monsieur Moussa Adamou.

Pour remédier à ce problème de société, le gouvernement a entrepris plusieurs actions de formation et de sensibilisation pour amener les populations à prendre conscience du danger auquel le mariage précoce expose les jeunes filles. 

‘’Ces actions, ce n’est pas seulement le ministère en charge de l’enfant qui le fait, c’est quelque chose qui est transversal et qui concerne tout le monde et tous les ministères sectoriels, à savoir la justice, l’éducation, la santé’’ a-t-il précisé.

Ces actions se caractérisent par des séances de formations à l’endroit des acteurs de la protection, qu’ils soient des services de l’Etat ou des ONG qui sont du domaine privé, sur les dangers auxquels on expose la jeune fille en la mariant précocement.

‘’En 2018, nous nous sommes dit qu’il fallait avoir une grande orientation qui va un peu booster toutes les activités, et on n’a élaboré un plan stratégique pour mettre fin au mariage précoce des enfants, et ce plan stratégique à une durée de 3 ans et devrait être mis en œuvre de 2019 à 2021’’ a-t-il rappelé. 

Ce programme arrivé à terme en 2021, le gouvernement est entrain de vouloir reprendre l’étude pour voir le niveau actuel du phénomène après trois ans de mis en œuvre du premier plan.

Le Directeur de faire savoir qu’au niveau du ministère de la promotion de la femme et de la protection de l’enfant ils ont ‘’deux grandes stratégies basées sur une approche communautaire au niveau des régions et la deuxième approche, quant à elle, descend jusqu’au niveau des villages où les facilitateurs sont recrutés pour discuter directement avec les populations.

‘’Dans le mariage précoce des enfants, il n’y a pas de milieux précis, la campagne de sensibilisation  concerne tous les milieux’’ a-t-il souligné.

M. Moussa Adamou de noter, cependant, que ‘’mettre fin aux mariages précoces n’est pas une petite affaire, c’est une affaire de changement de comportement, de changement de mentalité qui ne peut être mesuré qu’à travers des enquêtes’’.

Pour le Directeur de la communication ‘’les services de l’Etat seuls ne peuvent pas venir à bout du phénomène, il faut nécessairement l’apport d’autres structures de la société civile, des associations des ONG et les associations des chefs traditionnels’’.

M. Moussa a également rappelé que les partenaires de l’Etat du Niger dans  la lutte contre le mariage précoce des enfants sont l’UNICEF, l’UNFPUA, le PNUD qui mettent en œuvre l’initiative spotlight  qui est une initiative qui est en train de lutter contre toutes les violences faites aux femmes et aux filles,  et toutes les autres ONG qui œuvrent dans le domaine de la protection de l’enfant.

 ‘’Il y’a des résultats assez probants qui nous montrent que les gens commencent à comprendre véritablement que ce n’est pas une bonne chose de marier les enfants dès le bas âge’’ a conclu  Moussa Adamou.

AAM/AS/ANP 0120 septembre 2021