Aller au contenu principal

Le Premier Ministre sur les sites agricoles : plus de 2 milliards F CFA sous les flots

NIAMEY, 13 Septembre (ANP) - Les crues exceptionnelles du fleuve Niger depuis juillet dernier ont laissé sur le carreau plus de 7000 exploitants, compromettant la saison rizicole dans la partie ouest du Niger.

Le Premier Ministre Brigi Rafini a effectué, le dimanche 13 Septembre 2020, une série de visites au niveau de certains des sites agricoles pour mesurer l’ampleur des dégâts.

La délégation s’est notamment rendue au niveau des aménagements hydro-agricoles longeant la rive gauche du fleuve Niger, complètement engloutis.

Des larges étendues d’eau moirée ont pris possession des champs de riz : près de 2000 ha de périmètres irrigués sont sous les eaux.

Selon les estimations, ce sont plus de 11.500 tonnes de production d’une valeur de 2,24 milliards de francs CFA qui seraient entièrement anéanties. 

Environ 7000 exploitants seront sur la paille.

Des localités aux noms à la fois mélodieux et rocailleux ont vu passer les officiels : Koutoukalé, Séberi, Karma, Saga, Liboré, Bani Goungou, N'Dounga ou  Kollo.

Le Premier Ministre a voulu rencontrer et écouter les sinistrés sur leurs besoins les plus urgents pour faire face à la situation.

« Voyez vous-mêmes : peut-on un seul instant imaginer qu’il y a des cultures ici ? », nous a fait remarquer, totalement désespéré,  un exploitant en nous montrant l’étendue d’eau qui a débordé du fleuve pour envahir son village de Koutoukalé.

Face au Premier Ministre, cet autre sinistré, presque en pleurs, a juste déclaré : « tout est parti, il ne nous reste plus rien ».

Partout où il est passé, M. Brigi Rafini a reçu un accueil empreint de chaleur par cette population, certes dans le désarroi, mais enthousiaste et visiblement émue par la marque de solidarité du Chef du Gouvernement, lequel lui a promis tout le soutien de l'État et de ses partenaires pendant cette période difficile.

"C'est que j'ai constaté, c'est que tout se trouve presque anéanti", a déclaré le Premier Ministre à la fin de cette journée marathon, tout en faisant observer qu’il existe cependant un contraste frappant, notamment le fait que les cultures pluviales (mil, sorgho, niébé) "présentent un très bon aspect promoteur" face à des cultures irriguées (riz) "complètement sous l’eau et donc totalement compromises".

Le constat est que l’on n’a pas l’impression qu’il y a même des cultures sur pratiquement l’ensemble des périmètres visités, a laissé entendre le Premier Ministre Brigi Rafini qui précise avoir été informé par les techniciens que même la prochaine campagne pouvait être compromise au niveau de ces périmètres rizicoles.

Et avec l’effondrement des centaines de maisons causées par les inondations, poussant une grande partie des populations riveraines du fleuve à se réfugier dans les écoles et autres abris de fortune, le Premier Ministre a fait observer que « nous faisons donc face à une situation difficile », par rapport à laquelle « il va falloir agir rapidement ».

« Avec la rentrée scolaire d’octobre 2020, il nous faut des tentes et des moustiquaires pour reloger toutes ces personnes », a indiqué le Chef du Gouvernement nigérien qui a voulu, par cette même occasion, réitérer "avec insistance" l’appel du Gouvernement à la solidarité nationale et internationale.

Dans l’immédiat, a-t-il fait savoir, la priorité du Gouvernement est de reloger les sinistrés, en plus de les assister aussi bien sur le plan alimentaire que médical. Il a ensuite appelé les populations à une plus grande prise de conscience en évitant de construire sur les zones inondables.

La délégation du Premier Ministre comprenait le Ministre d'État en charge de l'Agriculteur et de l'Élevage, M. Albadé Abouba, le Ministre de la Défense Nationale, Pr Issoufou Katambé, celui en charge de l'Environnement, M. Almoustapha Garba,  la Ministre de l’Energie, Mme Amadou Aissata et  celui  de l'Action Humanitaire et de la Gestion des Catastrophes, M. Laouan Magagi.

Le Chef du Gouvernement nigérien a ainsi voulu braver les pistes rurales tortueuses et impraticables par endroits pour mettre les pieds sur ce qui reste encore des berges de ces différentes infrastructures construites et entretenues par l'État afin de permettre aux agriculteurs de produire du riz.

Le Niger produit moins de 200 000 tonnes de riz paddy par an pour un besoin annuel estimé à plus de 425 000 tonnes en fin 2019.

Les inondations enregistrées cette année ont occasionné des pertes en vies et des dégâts matériels importants. En effet, selon le dernier bilan du Gouvernement, à la date du 10 septembre 2020, 32 959 maisons se sont effondrées ; 6943 ha de cultures dunaires et 3082 ha de cultures irriguées sont englouties par les eaux le tout appartenant à environ 40 976 ménages, qui totalisent plus 350 915 personnes sinistrées.

71 personnes ont perdu leurs vies dans les 714 villages et/ou quartiers concernés et qui sont répartis dans 116 communes de 48 départements des huit régions du pays.

KPM/ANP- Septembre 2020