Aller au contenu principal

Forum virtuel Europe –Afrique, le Président Issoufou soutient la création de la fondation ‘’Verticale Africa Med Europa’’

Niamey, 16 Juil(ANP)- Le Président de la République Issoufou Mahamadou a pris part à un Forum virtuel Europe-Afrique ce jeudi 16 juillet 2020 centré sur la création de la fondation ‘’Verticale Africa Med Europa’’ à l’initiative du luxembourgeois M. Jean Claude junker, ancien président de la commission européenne.
Cette rencontre par visioconférence a pour objectif de réfléchir ensemble sur les défis communs à l’Afrique et à l’Europe en ce 21ème Siècle.
Dans son intervention, le Président de la République Issoufou Mahamadou a approuvé le projet de déclaration et soutenu l’idée de la création de la fondation ‘’verticale Africa Med Europa’’.
Le chef de l’Etat nigérien a rappelé qu’à l’occasion du premier sommet Afrique-Europe au Caire en 2000, l’Afrique et l’Europe avaient établi un cadre officiel de dialogue, de travail et de coopération, cadre soutenu par la suite par la Stratégie Conjointe Afrique-UE, adoptée lors du deuxième sommet Afrique-Europe à Lisbonne, en 2007.
Selon le  président Issoufou, Quatre(4) grands objectifs sont visés à travers cette stratégie conjointe à savoir  la paix et la sécurité;  la gouvernance et les droits de l'homme ;  le commerce et l’intégration régionale et  le développement durable.
Issoufou Mahamadou de constater que Vingt ans après,  ces objectifs sont loin d’être atteints, ‘’De nombreux défis se dressent toujours devant nous : les conflits armés et les violences intercommunautaires, le terrorisme et le crime organisé, la migration irrégulière, l’extraversion de l’économie, la faible productivité, les inégalités, la pauvreté, la faim etc’’, a fait remarquer le Président Issoufou qui ajoute que ‘’l’Afrique reste le continent le plus pauvre du monde. Soixante-dix pour cent (70%) des pauvres du monde vivent en Afrique. Un tiers (1/3) de la population Africaine vit sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec un revenu inférieur à 1,90 dollar par jour’’..
Ce constat, estime le président nigérien doit les amener à s’interroger sur la pertinence  de cette stratégie et les modalités de sa mise en œuvre.
De plus, a-t-il poursuivi ‘’au cours de ces vingt années, le contexte géopolitique mondial a connu de profonds bouleversements, amplifiés par la crise récente de la COVID 19.  Alors que les données climatiques et épidémiologiques indiquent la nécessité d’une plus grande coopération multilatérale, certains acteurs politiques prônent le repli identitaire et l’ultranationalisme’’.
Le chef de l’Etat nigérien de mentionner  qu’à l’instar du partenariat UE-UA, l’Afrique a conclu des partenariats stratégiques avec d’autres nations du monde, notamment le Japon, la Chine, les pays du golfe, la Russie et la Turquie.
‘’Tous ces partenariats, qui visent essentiellement des objectifs commerciaux, ne peuvent rivaliser avec le partenariat Afrique-Europe », a –t-il précisé.
« L’Europe et l’Afrique, unies par la géographie, ont également tissé des liens historiques et culturels profonds au cours des millénaires. Les échanges commerciaux, la colonisation et les flux migratoires ont laissé des traces indélébiles. Le Français, l’Anglais, le Portugais et l’Espagnol, langues européennes par excellence, sont devenues les langues officielles de nombreux pays africains, a fait observer le président en exercice de la CEDEAO, notant  que  ‘’l’interrelation entre les deux continents est telle que tout ce qui affecte l’un, affecte l’autre. L’Europe ne peut vivre en paix si l’insécurité et les conflits se développent en Afrique ; l’Europe ne peut se prémunir contre la migration irrégulière et les trafics en tout genre si la pauvreté persiste en Afrique. Aussi l’Europe se sent-elle concernée, plus que toute autre partie du monde, par les objectifs de paix, sécurité, démocratie et développement en Afrique’’. 
Or, révèle le chef de l’état nigérien ‘’ la situation actuelle est que l’Afrique peine à mettre en œuvre les 17 objectifs de développement durable de l’agenda 2030 des nations unies dont le premier est l’élimination totale de la pauvreté. Les experts avaient estimé que pour atteindre ces objectifs, l’Afrique doit réaliser un taux de croissance minimum de 7% par an et investir annuellement un montant de 600 milliards de dollars, ce qui suppose un taux d’investissement d’au moins 24% du PIB du continent. Le taux de croissance moyen du continent n’est que de 3 à 4% et le montant annuel des investissements bien deçà des 600 milliards de dollars nécessaires’’.
‘’De même l’Afrique peine à mettre en œuvre l’agenda 2063, notamment son premier plan décennal et ses projets prioritaires’’, a fait savoir le Président Issoufou Mahamadou qui annonce par la même occasion que ‘’l’Afrique peine à mettre en œuvre ces deux agendas car, en plus des causes internes, elle est victime de la mauvaise gouvernance politique et économique mondiale qui crée ou aggrave les conflits, comme c’est le cas en Libye, et qui creuse les inégalités et aggrave la pauvreté’’. 
Pour Issoufou Mahamadou,   la crise de la COVID 19 constitue un véritable choc pour l’ensemble de la planète. Elle plonge l’économie mondiale dans une récession sans précédent depuis celle de 1929. L’économie Africaine connaitra un repli de son PIB.
‘’Pour surmonter ce cataclysme mondial, il nous faut réfléchir à un nouveau paradigme. L’Afrique et l’Europe peuvent ensemble le promouvoir’’ préconise le Président Issoufou.
D’après lui, ‘’le nouveau paradigme doit donc faire une place de choix à la lutte contre les inégalités, condition nécessaire à l’éradication de la pauvreté. Le nouveau paradigme doit permettre à l’Afrique de mobiliser les ressources financières nécessaires pour sortir ses populations de la pauvreté à travers la mise en œuvre des agendas 2030 et 2063’’.
le chef de l’état nigérien  a fait valoir que  l’accent doit être mis sur la mise en œuvre des projets et programmes qui sont entre autre, le projet de la zone de libre-échange continentale ;le programme détaillé de développement de l’Agriculture en Afrique (PDDAA) ;le programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA) ;le Plan d’action pour le développement industriel accéléré de l’Afrique (AIDA),la  vision Minière Africaine (VMA) ;le plan d’action pour l’intensification du commerce intra-africain (BIAT).
Pour y arriver le président Issoufou d’estimer qu’ils devront  mettre en œuvre des actions hardies notamment , la promotion de  la capacité des Etats à lever l’impôt ; promouvoir les investissements directs étrangers ;mobiliser les ressources de la diaspora africaine ;honorer les promesses faites au début des années 70 de porter le niveau de l’APD à 0,7% du PIB des pays donateurs, ce qui est relativement faible par rapport aux 4% du PIB des USA consacrés au plan Marshall pour la reconstruction de l’Europe après la seconde guerre mondiale, de trouver un traitement approprié à la dette du continent.
Pour Issoufou Mahamadou,  toutes ces actions supposent la promotion des valeurs de dignité, de liberté, d’égalité, de justice et de solidarité, ‘’Ce sont ces valeurs qui doivent fonder le nouveau paradigme’’,  a-t-il  mis en exergue.
Pour promouvoir ce nouveau paradigme, explique –t-il, ‘’ l’Europe et l’Afrique doivent mener la réflexion et l’action ensemble. Le meilleur moyen de conduire cette réflexion et orienter les actions est de créer, en marge des structures organiques interétatiques, un « think tank » capable de mobiliser les leaders politiques et les experts émérites’’.
AIO/AS/CA/ANP 085 juillet 2020