Aller au contenu principal

Affaire des mendiants nigériens au Sénégal : il s’agit de pratique d’exploitation des enfants, selon une agence gouvernementale

Niamey, 5 Avril 2022 (ANP) – L’affaire  de mendiants nigériens au Sénégal qui a récemment défrayé la chronique est en réalité  une exploitation des enfants innocents qui sont loués par d’autres personnes majeures avec la complicité souvent de leurs parents, a estimé  le Directeur General de l’Agence nationale de lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite des migrants, M. Mamane Ousmane.

Dans une interview à l’ANP,  le responsable de l’agence a fait savoir que ces membres de réseaux    conduisent les enfants  dans les différentes capitales de sous régions, les soumettent à  la mendicité.

‘’Il y a de quota qu’ils versent. Chaque fois que les enfants mendient, une partie de ce qu’ils gagnent est versée  à leurs parents qui sont restés  au village et maintenant une autre partie est gardée également par ces trafiquants’’, a-t-il détaillé.

Il existe bien un  réseau de traite des personnes et de trafic illicite des migrants sinon comment  un millier de personnes a pu arriver  à Dakar qui ne fait pas frontières avec le Niger, fait observer le DG de l’agence

 Il y aurait  un mécanisme ou un réseau  qui permet à ces personnes-là d’aller à Dakar donc cela veut dire qu’il y a des personnes, qui sont  tapies à  l’ombre qui organisent leurs voyage, leur accueil  sur place et qui organisent également leur exploitation, ce qui génère de fonds ’’, croit-il savoir.

‘’Donc c’est ce réseau là qu’il faut démanteler parce que les pauvres les femmes et les enfants même si on les amène ici dans tout le cas si on ne prend pas des mesures ils peuvent encore tomber sur  le même réseau’ ’, avertit le magistrat.

Les autorités de Niamey ont organisé le rapatriement par vols spéciaux de quelque 1057 de leurs concitoyens  se livrant à la mendicité dans les rues de Dakar  dont les images  ont été largement relayées a travers les télévisions et les réseaux sociaux.    

L’affaire du Sénégal  a servi l’amplificateur des pratiques de trafics traditionnellement organisées en direction de l’Algérie et des pays maghrébins souvent  au péril des vies des femmes et des enfants avec comme points de départ les départements  de Kantché et de Magaria (Zinder), zone de forte concentration humaine.

Le Niger a ratifié  la convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et ses deux protocoles  notamment  le protocole sur le trafic  et sur les migrants et le trafic et le protocole sur la traite des personnes en particulier    des  femmes et des enfants.

 ‘’ La traite des personne se définit  comme le fait de recruter, de transporter et transférer, d’héberger ou accueillir des personnes par la menace de recours ou le recours à la force ou a d’autre formes de contrainte par enlèvement fraude tromperie abus d’autorité ou de situation de vulnérabilité ou par l’offre, ou l’acceptation de payement ou d’avantage pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur aune autre au fin d’exploitations’’, selon l’ordonnance de décembre 2010.

 ‘’L’exploitation comprend au minium l’esclavage ou les pratiques esclavagistes ou les pratiques analogues à l’esclavage, la servitude ou le prélèvement organe, l’exploitation de la prostitution ou d’autres formes d’exploitation sexuelle l’exploitation de la mendicité d’autrui l’exploitation du travail ou des services force’’, est-il stipulé.

 ‘’Quiconque commet intentionnellement l’infraction de traite des personnes est puni d’un emprisonnement   5 à 10ans et d’une amende de 500.000 mille à 5.000.000 millions de francs’’

L’agence,  est une l’institution officielle de l’Etat lutte contre, ce phénomène avec le moyen qui est à sa disposition, ainsi que l’appui des différents partenaires, en faisant des multiples séances de sensibilisation ciblant  les femmes et mêmes leurs époux sur le danger que cette pratique engendre à eux et a l’ensemble de la Nation’’, fait savoir Mamane Ousmane.

‘’Nous allons continuer à sensibiliser les personnes qui font cette mauvaise pratique et l’Etat aussi est en train de prendre toutes les dispositions nécessaires pour que cela ne se reproduise plus et déjà beaucoup des personnes sont dans les mains de la justice, surtout les animateurs de ces différents réseaux’’ conclut-il.

 

AOM/ CA/ANP 0028 Avril 2022