‘’La CEDEAO ne peut tolérer, pour quelque raison que ce soit, la déstabilisation d’un Etat membre’’, déclare le président de la conférence Issoufou

Soumis par lawan le ven, 08/11/2019 - 15:57
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Niamey, 08 Nov(ANP)- Le chef de l'Etat nigérien a déclaré à l’ouverture du sommet extraordinaire de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l'Ouest sur la Guinée Bissau que le sommet doit envoyer un message aux protagonistes que ‘’ la Cedeao ne peut tolérer, pour quelque raison
que ce soit, la déstabilisation d’un état membre.
Ouvrant les travaux le président du Niger , président en exercice de la conférence des chefs d’état et de gouvernement de la Cedeao a salué la présence de ses hôtes qui est le signe manifeste de leur engagement a assurer la paix et la stabilité de notre sous région et de leur attachement aux valeurs communes et normes adoptées par l’organisation notamment celles défies à travers les dispositions pertinentes du Traité Révisé et du Protocole relatif aux mécanismes de prévention, de gestion , de  règlement des conflits , de maintien de la paix , et de la sécurité du 10 Décembre 1999 ainsi que du protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance du 21 décembre 2001. « Sans le
respect de ces valeurs et normes communes, il est illusoire de penser que nous pourrons atteindre nos objectifs d’intégration ‘’, a indiqué le président Issoufou Mahamadou.
D’expliquer que « si nous avons pris la décision de convoquer ce sommet extraordinaire, c’est parce que la Guinée Bissau , un état membre de notre communauté , vit actuellement une situation de crise politique désastreuse pour ce pays et pour notre sous-région .
Cette situation constitue un écart grave par rapport aux valeurs et normes définies dans les protocoles que je viens de citer ».
La crise politique que la guinée Bissau traverse n’est pas nouvelle, je voudrais rappeler que la Cedeao s’est déjà investie depuis 2015 pour y soutenir la normalisation sociopolitique et garantir la paix et
la sécurité.
Le président de la conférence des chefs d’état et de gouvernement de la Cedeao, a révélé que la conférence a procédé à des nombreuses médiations et pris plusieurs décisions conformément à la feuille de la route de l’Accord de Conakry d’octobre 2016. La mise en œuvre de ces différentes décisions et le soutien technique et financier de la Cedeao et des autres partenaires régionaux et internationaux ont permis d’aboutir aux élections législatives du 10 mars 2019.
‘’La tenue de ces élections législatives revêtait une importance cruciale pour remettre le pays sur la voie de la stabilité, dès lors que ces élections avaient été jugées transparentes, crédibles et
acceptées par tous les acteurs.
Sur la base du résultat de ces élections législatives et d’un consensus obtenue au niveau de toutes les parties en conflit et en conformité avec les décisions prises par la conférence , au sommet tenu le 29 juin 2019 à Abuja , un premier ministre a été nommé , un gouvernement mis en place et la date des élections présidentielles fixée au 24 novembre 2019. Dans le cadre de ce consensus le président dont le mandat était arrivé à terme depuis 23 juin 2019, a été maintenu en poste jusqu'à la fin du processus’’, a-t-il poursuivi.
Or à notre grande surprise, par décret en date du 28 octobre 2019, le président , limoge le premier ministre et son gouvernement et nomme un nouveau premier ministre et un nouveau gouvernement , et ce à trois semaines du premier tour de l’élection présidentielle une telle décision est de nature à remettre en cause le calendrier électoral cité plus haut , à créer un blocage politique des institutions , et surtout à accroitre les risques de confrontation entre les différentes forces de défense et de sécurité nationale sans oublier les forces d’appui à la paix de la Cedeao(ECMIB).
Le président Issoufou Mahamadou d’annoncer que devant une situation de déstabilisation du pays avec des risques réel de guerre civile dans la mesure où le gouvernement mis en place par la majorité
parlementaire et dont le programme a été adopté par l’assemblée nationale le 15 octobre 2019 , est demi par un président de la république dont le mandat est arrivé à terme maintenu en poste suite
au consensus de la classe politique validé par notre organisation .
Le comité ministériel de suivi de la Cedeao, dépêché sur place, a réagi avec fermeté en dénonçant ce dérapage et a demandé, au nom de notre organisation de poursuivre le processus électoral suivant le calendrier consensuellement arrêté, a précisé Issoufou Mahamadou.
Selon lui, ce comité ministériel de suivi nous fera le rapport de son évaluation de la situation, ce qui va nous permettre d’en débattre les différentes recommandations et de prendre des décisions idoines en vue d’une sortie rapide de cette crise.’’ En tout état de cause notre sommet doit envoyer aux protagonistes un message clair : La Cedeao ne peut tolérer, pour quelque raison que ce soit, la déstabilisation d’un état membre’’, a prévenu le président Issoufou Mahamadou.
AIO/CA/ANP- 0035 Novembre 2019.

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