L’innovation et la technologie agricoles sont la clé de la réduction de la pauvreté dans les pays en développement

Soumis par lawan le mar, 17/09/2019 - 12:53
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Niamey, 17 Sept (ANP)- Les pays en développement doivent radicalement accroître l’innovation agricole et l’utilisation de la technologie par les agriculteurs pour éliminer la pauvreté, répondre à la demande croissante de denrées alimentaires et surmonter les effets négatifs du changement climatique. C’est le constat d’un rapport de la Banque mondiale publié le lundi 16 septembre 2019 sous le titre Harvesting Prosperity : Technology and Productivity Growth in Agriculture, dont l’ANP a reçu copie.
Selon ce rapport, la stagnation relative de la productivité agricole durant les dernières décennies, particulièrement en Asie du Sud et en Afrique où vit la grande majorité des populations pauvres, montre combien il est nécessaire de trouver de nouvelles idées pour améliorer les moyens de subsistance en milieu rural.  La relance de l’investissement dans l’accroissement et l’adoption de nouvelles connaissances pourrait contribuer à engendrer de substantiels gains de productivité agricole, donc de revenus.  
Le rapport relève, également, que près de 80 % des populations extrêmement pauvres de la planète vivent en zone rurale et que nombre d’entre elles pratiquent l’agriculture.  En conséquence, la lutte contre la pauvreté doit être fortement axée sur l’augmentation de la productivité agricole, qui a plus d’impact que n’importe quel autre secteur sur la réduction de la pauvreté, environ deux fois plus que l’industrie manufacturière.
‘’En stimulant la productivité dans le secteur agricole, il est possible de créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité tout en permettant à un plus grand nombre de personnes de quitter la ferme pour pratiquer d’autres activités en ville. Cette démarche exige une réforme générale des systèmes nationaux d’innovation agricole, une plus grande efficacité des dépenses publiques et le développement de chaînes de valeur agricoles inclusives dans lesquelles le secteur privé joue un rôle accru’’, estime Ceyla Pazarbasioglu, vice-présidente pour les questions de croissance équitable, de finance et d’institutions à la Banque mondiale.
‘’Les nouvelles technologies améliorent l’accès à l’information, aux financements et aux services d’assurance, tout en réduisant leur coût, dans tous les secteurs, y compris le secteur agricole. Cette approche peut contribuer à améliorer la productivité des exploitants agricoles peu qualifiés, mais seulement avec les capacités et les mesures d’incitation nécessaires pour développer ces technologies et les appliquer à grande échelle’’ soutient-elle.
Selon toujours ce rapport, l’adoption de technologies et méthodes innovantes par les agriculteurs est le principal moteur de l’amélioration de la productivité agricole et de la hausse des revenus. Cette approche permettra aux agriculteurs d’accroître les rendements, de gérer les intrants de façon plus efficiente, d’adopter de nouvelles cultures et de nouveaux systèmes de production, d’améliorer la qualité de leurs produits, de préserver les ressources naturelles et de s’adapter aux dysfonctionnements climatiques. 
‘’En Afrique et en Asie du Sud, l’agriculture est confrontée à un paradoxe sur le plan de l’innovation. Alors qu’il est prouvé que la R&D et la diffusion des connaissances ont un impact très élevé sur les rendements et la croissance économiques, les dépenses de recherche diminuent dans des zones critiques du monde et les universités et centres de recherche locaux n’arrivent pas à suivre. Les responsables de l’action publique des pays en développement doivent prêter une attention toute particulière à la nécessité de renverser ces tendances et créer des conditions générales plus favorables pour encourager aussi la contribution du secteur privé’’, déclare William Maloney, économiste en chef à la Banque mondiale pour les questions de croissance équitable, de finance et d’institutions, qui est aussi le principal auteur du rapport.
Le monde est confronté à des écarts croissants en matière de dépenses de recherche et développement (R&D), bien que le financement public de l’agriculture atteigne de nouveaux sommets. En 2011, l’investissement dans la R&D agricole correspondait à 3,25 % du PIB agricole dans les pays développés contre 0,52 % dans les pays en développement, indique toujours le rapport.
AS/MHM/ANP-075 Septembre 2019

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