Agadez : pas moins de 20 milliards de recettes pour plus 150.000T de cultures de rentes

Soumis par lawan le mer, 13/02/2019 - 14:51
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Agadez, 13 fév (ANP) -  La région d’Agadez, Nord désertique a produit quelque 150.000 tonnes de cultures de rentes qui ont procuré  plus de 20 milliards de FCFA en 2018, contribuant pour une bonne dans l’économie régionale, selon les données d’une enquête de 2017-2018 fournies à l’ANP par le Directeur régional de l’agriculture d’Agadez.
Au total, 13.000 exploitants travaillent sur 276 sites d’une superficie de 7000 Ha dans l’ensemble des 15 communes de la région, note  le Directeur régional de l’Agriculture M. Ibrahim Mahamadou, expliquant que le potentiel de terres irrigables est de 160.000 HA. Dans un souci de mettre à jour les données disponibles, une étude sur l'évaluation des potentiels en terre irriguée et irrigable est en cours..
Les irhazer, riches plaines salées, les vallées  de l’Air, les oasis du Kawar et de l’Air sont propices à différents types de cultures : en particulier l’oignon et la  pomme de terre avec leur couleur violet distinctive  de l’Air,  le blé, le maïs, les épices,  les dattes  et les agrumes, etc.
Les sites les plus connus sont ceux de  Dabaga, Tabelot, Timia, de Gougaram, Dannet,  des Irhazer  d’ In’gall, des Oasis de Bilma  de Tchintaborak, Toumboulak  et Marandet.
  Ces dernières années , la production maraichère et céréalière est en chute à cause de la préférence des producteurs pour les cultures de rentes  plus rentables:  depuis 2002, la production de l’oignon a pris le dessus sur les cultures de céréales,  de 1000 tonnes elle est passée à plus de 47000 tonnes aujourd’hui, et cela va de paire avec l’augmentation des superficies mais également la maitrise des techniques d’intensification: 1.007 ha en 2011 et 3050 ha cette année. En 2011,  le rendement à l’ha était de 5.039Tonnes /ha contre plus de 31,06 T/Ha actuellement, explique-t-on à la Direction régionale de l’Agriculture.
Grâce à la compétitivité de l’oignon appelé  l’or violet de l’Aïr, la tendance est à l’exportation et vise les marchés des pays tels que : le Ghana, le Bénin, la Côte d’Ivoire etc. Par rapport à la plus value à l’exportation cela rapporte de revenus importants aux producteurs.
Actuellement, la région est en plein programme de cultures irriguées avec les résultats probants suivants qui s’annoncent en perspective selon le Directeur régional de l’Agriculture M. Ibrahim. Il s’agit de : Un taux de réalisation d’emblavure de 135,57% par rapport à la prévision 6803 hectares emblavés/5 018 hectares prévus) et une augmentation d’emblavures de 733,8 hectares par rapport aux emblavures du début de la même campagne (2017-2018) estimées à 4.677,6 hectares ; une production attendue en équivalent céréalier de l’ordre de 15000 tonnes.
Au titre de l’année 2018, l’Etat et ses partenaires ont pu mettre à la disposition des producteurs d’Agadez plus de 2, 5 milliards  F CFA dans le secteur agricole .Ainsi dans le cadre du renforcement des capacités on note : l’affectation des cadres toutes catégories
confondues et le redéploiement des agents ; la dotation en moyens roulants pour rendre effectif l’encadrement des producteurs (5 motos) .
S’y ajoutent l’équipement en matériels informatiques et de bureaux ;la mise en place  carburant de suivi de la campagne agricole d’hivernage (Crédit délégué) ;l’ appui au dispositif local d’encadrement par les partenaires  et la formation de près de 3600 producteurs.
les  producteurs  ont bénéficié de 18 tonnes de pomme de terre  37 tonnes de mais pour une valeur de 12 millions de F CFA ; 567, 5 kg de semences potagères pour 45, 4 millions  F CFA et des kits de petits matériels  pour une valeur de près de 200 millions de FCFA.
il a été acquis des équipements et des produits phytosanitaires pour un montant de près de 125 millions de FCFA.
D’autres financements ont été consacrés pour couvrir les volets Irrigation et mobilisation des eaux. Il s’agit de l’achat de 15 motopompes (kits féminins) pour 4, 5 millions F CFA et 168 motopompes pour environ  26 millions de  F CFA.
En outre le Périmètre irrigué féminin à Aouderas  a obtenu 6 millions  F CFA tandis que l’ ; Aménagement hydro agricole à Ingigrane (Superficie de 25 ha avec forage profond, réseau californien, clôture grillagée, …)  a bénéficié de : 540, 6 millions de  F CFA.
Au niveau du  site agricole à BOGHEL (superficie de 64 ha)  53 puits maraichers ont été réhabilités, il a été réalisé 2246 ml de réseau californien, et 10 motopompes ont été placées au profit de  54 exploitants) pour un cout d’environ 53 millions de F CFA.
Au titre de mobilisation des eaux, il a été injecté  quelque 559 millions  tandis que les équipements de stockage, de transformation et vente des produits agricoles  ont reçu  550 millions de F CFA.
Le volet autres équipements et activités d’appui au secteur rural Désensablement, protection des berges, équipements  solaires, …) a bénéficié  environ 50  millions de F CFA.
La FAO est l’un des principaux partenaires intervenants dans la région et apporte un appui en intrants notamment des semences.
La Direction régionale de l’Agriculture est également appuyée au niveau national par le GIZ qui a aidé les populations en intrants mais aussi PISA, PROMAP et le projet IRHAZER qui apportent un appui considérable dans la réalisation et l’encadrement des aménagements hydro agricoles dans la région.
Ce dernier s’intéresse présentement aux AHA (Aménagement Hydro-agricoles )de Agharous, Tiguirwit et Ingigrane qui vient d’être réalisé dans la cadre du programme de vulgarisation des cultures irriguées, ce qui ouvrira la porte aux importants aménagements prévus dans la vallée de L’IRHAZER.
En ce qui concerne la projection au titre de l’année 2019, l’Etat et ses partenaires comptent dans le cadre du renforcement des capacités : Recruter les diplômés des secteurs agricoles en vue d’assurer un encadrement de proximité beaucoup plus performant ; Renforcer les capacités des producteurs à travers la formation des paysans mais aussi des encadreurs et leur équipement ; Organiser les paysans et les structures coopératives, …
Pour les Appuis en intrants agricoles, l’accent sera mis sur la mise à la disponibilité des producteurs des Semences de qualité et à temps,  de petits matériels  et des produits phytosanitaires et leur appareillage .
Dans le cadre de l’irrigation et mobilisation des eaux,  il s’agira selon M.Ibrahim Mahamadou de :la Poursuite de la réalisation d’aménagements hydro agricoles et la réhabilitation  des AHA de Tiguirwit et Agharouss et  de l’études techniques des possibilités de la réalisation des barrages de Atamol et Imbakatane.
Il est envisagé en plus la construction des seuils de Taghmert et Tabelot ; l’aménagement de mares à travers le surcreusement, le fonçage des puits, la réalisation des clôtures, les réseaux californiens, la mise en place des Banques céréalières ( BC), des Banques d’intrants (BI) et des kits communaux, villageois et communaux.
Cependant des contraintes ont été relevées par la Direction régional de l’agriculture : certains produits en provenance des pays voisins ne sont pas adaptés à la zone de production. A cela s’ajoutent des contraintes liées aux semences de pomme de terre dont une grande partie provient d’un Etat voisin sans contrôle conséquent à nos frontières.
Récemment,  l’Etat a adopté  la loi semencière qui va réglementer ce secteur dans l’espoir que  toutes ces contraintes seront  contrecarrées.
Le principal défi  reste la maitrise de l’eau pour la  promotion de nouveaux aménagements et la régénération des palmeraies dans la zone de Bilma.
AH/CA/MHM/ANP- 0072 février 2019

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